Panne en plein désert

La scène se déroule entre San Pedro de Atacama et Calama, la ville voisine…. de 100 kilomètres. Cent kilomètres de sel, de sable, de dunes avec au milieu une route bien rectiligne, nue et surchauffée. Nous avions pris quatre sièges inclinables « Semi-Cama », le semi-luxe dans le monde bien organisé des autobus chiliens. Nous venions de passer une semaine dans le désert à bouffer de la poussière, devant les geysers, les flamands roses, les oasis et les vastes étendues de sel. Le lendemain, c’était le retour à la civilisation, l’avion vers Santiago.

Seulement voilà…

Nous nous étions endormis sur nos fauteuils confortables, inclinables à 120 degrés. Une heure après le départ, réveil brusque. Plus de bruit. L’autobus vient de s’arrêter sur le bord de la route. Le chauffeur essaie de redémarrer. Rien. Plus d’énergie. La climatisation s’arrête…

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Coup d’œil dehors. Le soleil tape. Il est 15 heures, il n’y a presque pas d’ombre. Agitation du côté des 3 membres d’équipage. On sent que ça ne tourne pas rond. La panne est confirmée. On est prisonniers du désert. Pour combien de temps? Oh, une heure ou deux, ou plus, on ne sait pas quand ils vont nous renvoyer un autre autobus, nous dit un chauffeur pas rassurant, apparemment blasé et pas vraiment inquiet. Euh, c’est que vous n’avez pas deux petites filles avec vous! Aucune directive des employés de Turbus, pourtant l’une des plus grosses compagnies de transport du pays. Un passager bondit hors de l’autobus, fait du stop, et s’en va sans un mot. Habitué?

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On sort de l’habitacle surchauffé. Finalement, il fait plus frais dehors, dans le filet d’ombre à l’arrière de l’autobus. Inquiétude pour les enfants. Crème solaire, eau, beaucoup d’eau. Les filles ne se doutent de rien. Tranquilles, elles veulent jouer, comme toujours. Euh, c’est qu’on est bloqués dans le désert le plus sec du monde, au bord d’une autoroute pleine de camions poussiéreux qui roulent à tombeau ouvert!

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Finalement, devant l’indifférence totale des chauffeurs, on reprend nos bagages et on fait comme tout le monde, on se plante sur le  bord de la route, le pouce à l’air. Seulement maintenant on est une dizaine à faire la même chose. Finalement, les autres nous aident, ils font du « pouce » pour nous. Avoir des enfants, ça aide… Puis après quelques essais infructueux, on décide de mettre les filles en avant. Qui n’est pas attendri par une blondinette de 7 ans qui fait du stop en plein désert?

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Un vieux pick-up japonais s’arrête. Le conducteur nous embarque sans un mot. Un monsieur d’un certain âge avec des tuyaux dans les oreilles et des lunettes en cul de bouteille. Genre ex-savant fou allemand caché en Amérique du Sud depuis 60 ans. Il démarre en trombe. 150 kilomètres-heure! On n’a pas de ceintures, évidemment, comme partout depuis notre arrivée en Équateur. Et Maëlle, assise sur sa soeur, fait une crise. Coups de pied dans le dossier du chauffeur. Pas un mot, mais il ralentit à 140… Pour réaccélérer. Julie et moi nous regardons dans les yeux: Il n’y a plus qu’à se fier à la providence. Providence qui nous livrera sains et saufs à Calama quelques dizaines de minutes plus tard (au moins le trajet n’a pas traîné!). Le chauffeur, qui n’ouvrira pas la bouche, refusera notre contribution pour l’esssence.

Quant à Turbus… C’est une autre histoire. Évidemment impossible de se faire rembourser nos billets. Mais on a évité la compagnie  pour le reste du séjour.

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