P’t’être que demain ça ira mieux….

Difficile de publier quoique soit. Nos têtes et nos cœurs sont ailleurs. On pense aux victimes à Charlie Hebdo et aux autres, et on s’associe, un peu frustrés de rien pouvoir faire, à tous ceux qui défilent aujourd’hui. Mais la vie continue et notre voyage aussi… Texte co-écrit par Julie et Benoît;

Notre voyage, c’est le rêve d’une vie. Nous avons une chance inouïe de pouvoir partir, pendant un an, à la découverte du monde et nous réalisons cette chance, je vous l’assure. À votre place, je serais jalouse de moi.

Il ne faut pas croire, cependant, que chaque journée est celle que vous voudriez vivre. Comme dans une vie « normale », il y a de ces jours que nous préférerions oublier. Ceux que je vais vous décrire resteront pourtant dans notre mémoire à jamais.
C’était il y cinq jours, alors que nous nous apprêtions à quitter l’ile Gili Air, près de Lombok. Ce trajet vers Bali, en « fastboat », a mauvaise réputation à cause des eaux souvent agitées, des gilets de sauvetage parfois introuvables, et des équipages , jeunes et peu formés. Mais notre « aller » s’était si bien déroulé qu’on ne s’inquiétait pas trop pour le « retour ».  Pendant deux semaines, on n’avait eu que soleil et vents légers. Mais la veille du départ, la tempête s’est levée. Trombes d’eau, vents puissants… Restait juste à espérer que le tout allait se calmer pendant la nuit.
Gili Air, le calme avant la tempête...

Gili Air, le calme avant la tempête…

Mais non… Le matin du départ, vagues de 2 mètres et rafales de vent non-stop. Les plages sont encombrées de débris ramenés par la marée pendant la nuit. Ordures, troncs de cocotiers, objets coupants… Et ce tapis de déchets, c’est notre quai d’embarquement! La technique des « fast boat » est simple. Pourquoi se casser la tête! Les moteurs à fond (7 ou 8 moteurs hors-bord de 200 à 300 chevaux fixés les uns à côté des autres derrière le bateau), le bateau fonce sur le sable, et reste là, moteurs hurlant, dans un nuage de fumée. Une petite échelle branlante est posée sur le côté, et c’est à nous de nous frayer un chemin à travers les immondices pour y parvenir.
Le problème, c’est que nous n’étions pas les seuls. Des dizaines de touristes voulaient quitter l’île en même temps. Et le bateau précédent venait d’en refuser certains, ce qui laissait à nos côtés des hordes d’européens rougis par le soleil, vraiment pas contents, leurs valises sur les ordures. Le gros bateau, stable et sécuritaire, qu’ils devaient prendre s’en va… Et c’est là qu’arrive le notre…
Alors qu’on avait eu droit à l’aller à un gros « fast boat », dans lequel on sent moins le roulis, ce matin-là, c’est un « fast boat » nain qui est venu nous chercher. Un gnome des mers! Ballotté par les vagues, il s’est échoué tant bien que mal pour venir nous chercher. Nous étions entourée d’une trentaine de touristes mécontents de s’être vus refuser l’accès au bateau précédent, et d’une cinquantaine qui poussaient pour entrer dans celui-là. Heureusement, avec les filles, on passe en premier. Mais pas d’accès à l’intérieur du bateau par l’avant! On doit joindre l’arrière en se tenant sur le côté du bateau, les pieds sur un rebord glissant d’une quinzaine de centimètres. Super dans le vent et la pluie, avec deux enfants et une mamie! Pas très rassurés, d’autant que cinq minutes plus tôt, on avait vu une touriste trempée, qui ayant raté sa manœuvre était tombée du bateau et s’était retrouvée à barboter dans les vagues avec son sac au dos, les pieds dangereusement proches des hélices…
Mais mamie Marie s’est révélée être une grande acrobate, presque sur la pointe des pieds, son sac au dos, pas à pas jusqu’à l’arrière du bateau.  Je garderai toujours en mémoire l’image de ma belle-mère, pas plus grande que moi, qui arrivait à peine à s’accrocher à la rampe du haut. Le fou rire nous à pris à ce moment. Une fois entrés, on a eu la chance d’avoir des places assises grâce aux filles qui étaient arrivées avant.  L’équipage les a fait passer par la trappe à bagages!
Et l’aventure ne faisait que commencer… S’en sont suivies deux heures de trajet mouvementé dans des vagues apparemment très hautes mais qu’on ne pouvait pas voir parce qu’on se serait cru dans un lave-auto! Les touristes qui se sont risqués à ouvrir la fenêtre ont été instantanément trempés de la tête aux pieds. Nous on était trempés de sueur… Le regard inquiet de tous les voyageurs en disait long. On nous a dit qu’il y avait des gilets de sauvetage mais on a toujours aucune idée d’où ils se trouvaient. La Française assise devant, qui a fait le trajet de nombreuses fois n’avait jamais connu d’expérience aussi épique. Vive les anti-nausée que Maëlle et moi avons pris! Même Anaïk, qui a le pied marin de son papi et de sa marraine Gaëlle, a dû en prendre!
L’arrivée à PadangBai a donc été très appréciée. Notre chauffeur Nyoman nous attendait comme prévu mais le trajet de deux heure de voiture a été infernal. D’abord, la route pittoresque qu’on voulait prendre était impraticable à cause de la pluie, donc on était déçus mais surtout, une fille, que je ne nommerai pas, nous a fait une crise pas possible, pas digne d’une fille de sept ans, pendant une heure. C’est à ce moment là que j’ai chanté l’hymne de Lisa Leblanc: « P’tête que demain ça ira mieux mais aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde! »
En fait…quelques minutes plus tard, ça allait déjà mieux! Benoît nous avait déniché des superbes bungalows de bambou avec vue sur un petit port de pêche, une cuisine délicieuse et des proprios gentils comme tout. Le lendemain, avec l’arrivée des dizaines de bateaux de pêcheurs au soleil levant, la plage de sable noir, le snorkelling sur une épave d’un bateau japonnais, la marche dans un village pas touristiques où les chèvres et les porcelets côtoient des gens si souriants et étonnés de me voir me balader toute seule parmi eux et avec le ceviche de thon frais mangé sous le toit de feuille de palmiers, bien abrités devant un déluge impressionnant, j’avais oublié la chanson de Lisa!
Mais elle m’est bien revenue le lendemain! J’ai été malade avec fièvre et problèmes gastriques (les quatre autres avaient eu la même chose sur Gili Air) et Maëlle s’est pris une porte de voiture dans la tête. Le plus étrange, c’est l’aventure de Benoît mais il doit vous la raconter lui-même.
Depuis, de retour à Ubud, ça va beaucoup mieux et ma vie c’est tout sauf d’la marde!
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6 réponses sur « P’t’être que demain ça ira mieux…. »

  1. Nous ne pouvons vivre vos aventures si singulières. Mais le collectif des pensées va marcher avec nous cet après-midi lors de la grande manif. Gros baisers. Monique

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  2. Nous parlions de vous hier et je me demandais quand arriverait le prochain épisode. Merci de nous revenir. Avec les événements des derniers jours, on a tous besoin de prendre des nouvelles de ceux qui nous sont chers. Ah ces déluges balinais! Que de souvenirs!!

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  3. Enjoy…oui, tu seras contente de savoir que j’en suis jalousie mais aussi contente d’etre a l’abri. Peut-etre que vous pourriez faire une mini serie a la tele a votre retour. Have fun.

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